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DATE : 21 août 2017
HEURE : 18 h 00 min
ADRESSE : Douarnenez
LIEU : Partout
Tournée bretonne jour 1 : Douarnenez [Passé] 21 août 2017

Par Jerrican Nachos

J’aime quand Jerrican Nachos & the Rookies est un réceptacle à idées absurdes, fumeuses et peu crédibles. Quelques exemples : donner un concert à la verticale en accrochant nous-mêmes et le matériel sur une façade d’immeuble, tourner un clip dans un marais gelé en plein hiver, blinder une salle de fumée et ne rentrer en scène que quand plus rien ne sera discernable.

Ce que je préfère avec JNR, c’est quand on sort du fantasme, des belles idées, et qu’on réalise ces choses fantastiques pour de vrai. Par exemple, partir en tournée sans rien organiser en amont. Dans la longue liste des « trucs à faire pour être accrédité en tant que vrai groupe » il y avait bien sûr « partir en tournée ». Mais nous on ne sait pas faire ça, on ne sait pas par où commencer, et surtout on n’a pas envie de se gonfler avec une orga trop lourde pour notre première virée musicale. Alors on a décidé de simplement bloquer quelques jours, de remplir la voiture et de décoller.

L’idée était celle-là : au moment de démarrer la voiture on n’a rien de prévu et on commence à caler des dates sur le chemin. La piste de base ça a été d’aller vers là où on connaissait du monde, avec un premier tracé « Douarnenez – Lorient – Rennes – côte nord bretonne ». Le premier coup de génie, c’est celui de Youn Rookie de dire « Hey, j’ai le numéro des gars de Tomahawk, ça vous dit de passer jouer chez eux ? ». Moi, ça faisait des années que j’entendais parler d’eux sans trouver l’occaz’ d’aller les voir donc j’ai abondé dans son sens et Rookie Rose a vite trouvé l’idée cool. Un appel plus tard et on avait notre première date, à Querrien pour le collectif Tomahawk. Easy, mais c’était prévu pour la fin de la semaine, donc on allés devoir se retrousser les manches pour les autres jours.

Premier arrêt à Douarn’. On y crèche chez la cousine de Rose où l’on nous conseille de tenter deux bars pour un set électrique. Surtout, on rencontre Alexis, un gars qui bosse dans le son, se balade toujours avec son enregistreur et se dit que ça pourrait être chouette de nous capter si on joue… On part à la pêche pour caler un set, on essuie des refus mais on est accueillis par Micheline qui nous enjoint à jouer en acoustique sur sa terrasse. Pas mal, mais on est moyens chaud pour ça. On n’est pas trop un groupe de rue, qui vient imposer un concert à du monde posé tranquille. En tout cas, moi je ne suis pas à l’aise avec ça. Alors on s’est décidés à jouer, comme premier set de la tournée, un petit tour de chauffe posé en face du bar, sur le quai, où une scène improvisée se dessinait naturellement. C’était très tranquille, les gens nous écoutaient vaguement, on jouait sans chercher à faire d’étincelles de suite. On a une trace de ça sur les pistes bonus acoustique du live @ Ballast.

Fort de cette mise en bouche, on se met en tête de muscler un peu le propos. On repart toquer à la porte des bars, mais personne n’est chaud pour un concert au pied levé… On part donc sur le plan B : on est arrivés en ville en plein pendant le festival de cinéma, un événement qui fêtait ses 40 ans cette année là, c’est dire. Apparemment, tous les soirs il y avait des concerts, mais pas celui-ci, juste un DJ, et on nous a poussé à faire du rentre-dedans sous prétexte que « un concert c’est toujours plus sympa qu’un DJ set ». J’étais d’accord mais sceptique : si la prog est déjà faite, on ne va pas la fracasser pour s’y inclure au chausse-pied, surtout en coupant la presta d’un autre artiste, faut pas déconner.

On arrive au chapiteau du fest vers 21h, on mate le tableau des horaires et à ce qu’il semble le DJ démarre dans 5 minutes… Râpé. On tente quand même l’approche du régisseur général, qui nous dit que c’est chaud, là y’a la projection d’une série de courts-métrages et ensuite il y a le DJ. On lui répond que ce n’est pas si chaud que ça, nous on a nos instruments acoustiques, s’il nous trouve un créneau de 10 minutes, on joue trois chansons et c’est cool pour nous, ça suffit avec ce format là. Alors c’est OK, il va y avoir un quart d’install’ pour le DJ set, on peut en profiter.

Et ça les amis, c’est comme ça qu’on fait pour être programmés sur la quarantième édition du festival de cinéma de Douarnenez.

Fallait pas se rater, alors on a déroulé le set classic acoustic, c’est-à-dire complètement arraché, plus performatif que musical, avec Rose à la batterie en plein milieu et Youn et moi qui courons partout en hurlant. Ça fait toujours son effet, mais c’est vrai qu’au-delà de 3 ou 4 chansons, c’est-à-dire le temps de comprendre le principe, on commence à s’embêter parce que, de notre côté on a envie que les gens nous entendent mieux, et du leur les gens on envie de mieux entendre les morceaux. Mais pas de pb, on a joué 3 chansons et un rappel, on a remballé et on est partis au lit sous les hourras.

Ce n’est même pas vrai. JNR est en tournée, et quand le groupe est de sortie c’est pour jouer, pas pour autre chose. Il se trouve qu’on avait un pote qui faisait partie de l’équipe bénévole et qui nous a invité en cuisine pour un troisième set, pareil, 3 ou 4 chansons je ne sais plus bien, mais dans une énergie très cool, semi-ouvert vu qu’on était derrière le stand de restauration, du public s’est installés pour écouter aussi. C’était fun, on a été payé en brownie, la belle vie. J’ai même fait le juke-box quand un mec m’a demandé si je savais jouer I wanna be your dog, c’est pas le genre de truc que je fais habituellement, mais le groove était là et ce type et ses potes on eut leur show privée.

On était rassurés : on ne savait pas trop si on allait pouvoir jouer durant cette tournée improvisée et, en 1 seule journée, on avait déjà fait 3 sets. C’est fort de cette première expérience encourageante qu’on s’est pieutés, prêt à affronter le reste du périple.

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