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DATE : 15 août 2016
HEURE : 23 h 00 min
LIEU : Lundis de PLoum'
Lundis de Ploum’ #3 [PASSÉ] 15 août 2016

JNR live @ Lundis de Ploum’ #3

Où : Chemin de Kerbivizin, Ploumoguer

Quand : Lundi 15 août 2016

Par Youn Rookie

Ça faisait une paye qu’on avait pas mis les pieds aux Lundis de Ploum’.

On venait de jouer de passer notre dimanche à jouer, entre Plouguerneau et Place Guérin, et on avait pas envie de s’arrêter comme ça.

Le lundi, comme on le sait tous, le week end ne fait commencer et on peut trouver des jolis éclats de génie sur le chemin de Kerbizivin, à Ploumoguer. On avait rencontré notre batteuse, Rookie Rose, là-bas, il y avait pile un an de ça, et la soirée en avait un goût tout particulier.

C’était remplie de monde et Michel, le grand gourou des Lundis de Ploum’, nous a expliqué au micro que ce n’était pas du tout le dernier de la saison, comme il suspectait pas mal de monde de l’avoir cru, suite à une annonce mal documentée dans la presse locale.

Mais le mal était fait et les tables débordaient de monde, il a fallut en rajouter, les deux concerts officiels ont été des succès pour l’assistance, les gars de Mask-Ha-Gaz bouclant une fin de soirée plus que réussie. D’ailleurs, j’ai vraiment aimé la batterie du leader, qui tient la section rythmique à l’aide de ses pieds, chaussés de sabots avec lesquels il piétine une estrade creuse. Ah, et il a aussi un baudrum, je crois. Un genre de gros tambour de traditionnel irlandais.

Donc la soirée, oui, grosse ambiance. C’est d’ailleurs au milieu de tout ça qu’on a commencé à se la donner. On a joué deux ou trois morceaux entre les deux concerts du soir. On a sorti nos instruments entre le premier rang et la scène et on a joué pour les 20 personnes qui voyaient le blanc de nos yeux. Chaotique, mais fun, et ce premier petit set s’est d’ailleurs fini par un déplacement de Rose vers une tablé prise pour cible par Jerry et moi-même. Elle me fait vraiment marre, à trotter avec sa batterie portable. Et donc oui, voilà, on planque nos instruments derrière le stand merch des Mask Ha Gaz, le temps que la soirée se tasse un peu.

Jerrican Nachos : Je précise pour qu’on comprenne bien : on a joué en acoustique pur devant 300 personnes en train de manger, et très peu nous entendaient. On vous laisse imaginer la démonstration de force pour que le spectacle soit un minimum divertissant pour tout ce monde.

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Youn : On voulait surtout pas se jeter sur le bar avec nos guitares dès le gros concert fini, il fallait que le public se disperse/rentre chez lui/se décante un peu. De cette façon, le tr se fait tout seul entre le tout venant et les irréductibles, les énervés de la nuit qui tiennent le bar jusqu’au bout, aussi connus sous le nom de « bénévoles ». C’est pour ce genre d’audience que je trouve le plus drôle de jouer. On a du sortir nos instruments vers minuit, je crois.

On s’est mis en triangle au milieu du monde qui restait et on a rapidement compris que ce concert serait génial ou ne serait pas. Le monde autour de nous était vraiment à fond. Je me souviens de ce type, il avait vraiment l’air d’un gars que tu croise n’importe où, pas spécialement fan de rock ou autre, juste un mec content d’être là. Le type était déchaîné, il hurlait des trucs que je comprenais pas, il devait avoir 18 ans, c’était le spectateur le plus motivé que j’ai eu dans les pattes ce soir là.

Jerrican : après avoir cassé trois cordes sur ma guitare et alors qu’on se posait la question de ranger le matos, j’ai eu la présence d’esprit de tendre un tambourin à ce type là, qui a été ravi de jouer un rythme certes simple mais libérateur. Je l’ai accompagné au chant, et ça a mené à la deuxième partie du set.

Youn : On a joué notre set sans problème, on a enchaîné des chansons qu’on avait envie de faire, sans trop se poser de questions, et à un moment, on a plus eu quoi que ce soit à jouer.

Jerrican : On manquait surtout de cordes de guitares pour jouer quoique ce soit !

Youn : On était juste là, debout avec nos instruments au milieu d’une 30aine de personnes nous interdisant de nous arrêter. C’est à ce moment que le guitariste rythmique de Mask Ha Gaz est venu jammer avec nous. Enfin je crois. Il a prit la caisse claire sur la batterie de Rose, et le truc a vraiment décollé. Je veux dire, les gens étaient fous, ça dansait dans tout le sens, Rose a d’ailleurs lâché la batterie au profit du ruban. J’ai un peu lâché la gratte le temps de boire une bière, puis je suis revenu jouer avec eux. À ce niveau, on parle plus de faire du bruit en rythme que de vraiment jouer des trucs propres, mais merde, c’était super drôle !

Jerrican je suis moins d’accord avec ça, il y avait une vraie musicalité tribale et transe dans ce qui ressortait du jeu croisé de Rose et du gars de Mask Ha Gazh (et des 3, ou 4, ou 5 personnes qui se sont rajoutées sur la batterie ou sur d’autres instruments pendant toute la durée du jam). Certes du bruit, mais clairement de la musique avant tout.

Youn : Dans tout ça, il est important que vous compreniez que vu de l’intérieur, c’est un vrai exercice de mise en scène. Les chansons qu’on joue ne sont que partiellement audible : le niveau sonore de nos guitares, le fait qu’on se déplace et les audiences souvent éparpillées font que peu de monde a vraiment une oreille sur le rendu global de ce qu’on joue. On est donc plutôt dans une genre de farce où chacun a son petit numéro au sein du trio. C’est ce genre d’énergie qui pousse à grimper sur les table et les chaises pour jouer. Et ce soir là, j’ai du me sentir particulièrement hardi en voyant la chaise devant moi, au milieu d’un espace à peu près vide. En voulant la faire basculer en avant, je suis tombé sur mon dos. Bien sûr, je n’ai pas arrêté de jouer, et, bien sûr, un type s’est précipité pour me relever. Ça aurait pu rester un incident sans conséquence, mais non. Il a fallut que Jerrican voit ça et se mette à hurler de rire. Il est parti dans un tel fou-rire qu’il en a zappé de chanter la chanson, et l’intro a duré trois fois la durée prévue. En me relevant, j’ai vu tout le monde me regarder en riant, et je me suis dit que même si c’était à mes dépens, le cirque JNR venait de faire son numéro de clown cascadeur.

Tant pis pour moi, mais c’était un truc assez drôle pour passer au dessus du ridicule et du mal de dos.

Jerrican : J’ai, bien évidemment, ris de soulagement après la peur bleue que m’a flanqué la vision de mon guitariste soliste paralysé à vie après s’être cassé trois vertèbres. Evidemment.

Youn : Le set a pris son temps pour finir, et même une fois plié, on a encore causé avec les bénévoles et  amis présents pendant un moment. Sans être une surprise pour moi, c’était un vrai pied de jouer dans cette ambiance là. Le truc « terre battue – public ivre – pied au plancher ou rien – soirée sans fin » est très porteur, je trouve.

Donc ouais, c’était un super Lundi de Ploum’, et je ne saurais que vous conseiller les prochains.

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