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DATE : 26 juillet 2018
HEURE : 20 h 30 min
ADRESSE : Brest
LIEU : Le p'tit Minou
LAST LIVE AU MINOU [PASSÉ] 26 juillet 2018

Par Jerrican Nachos

Cette incroyable vidéo est de Florent Le Doaré

Croyiez-vous que nous pouvions ne pas nous inviter à la dernière soirée de concerts du P’tit Minou ? Après la 34e – mais malheureusement véridique cette fois-ci – annonce de fermeture du meilleur (et unique) café-concert de Brest, nous fûmes dévastés. Dévastés, c’est peut-être un peu fort comme terme. On était grave saoulés. Mais genre, grave de grave. Le P’tit Minou, à force, c’était un peu devenu la maison, on l’a essoré comme il se doit. Paraît même, selon la légende, que sur ses deux ans d’existence on serait le groupe à y avoir le plus joué. Des chiffres ? En voici : programmés 9 fois au P’tit Minou, 3 fois seuls, 4 fois en compagnie d’artiste locaux, 4 fois en compagnie d’artistes internationaux, 4 fois en duo, 5 fois en trio, 1 fois en acoustique, les 8 autres fois en électrique, pour un total de 12 sets. A cela peut s’ajouter deux dates fantômes, à la Maison Bleue et à Léo Ferré, deux soirées initialement prévues pour le Minou. Quelle aventure humaine et artistique ! Autant dire qu’on était peu ravis de la fermeture.

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Crédit : Jean-Marc-Framboisier

On était peu ravis de la fermeture du P’tit Minou, donc il n’était pas question qu’on ne participe pas à la dernière soirée de concert, et comme on est relous et insistants (les meilleures qualités d’un chargé de diff’), on a pu s’ajouter à cette soirée en compagnie de nos collègues canadiens de White Cowbell Oklahoma et de nos collègues brestois du Dalhia Noir. A moins que ce ne soit Dhalia. Ou Daliah. Dahlia ? Je ne vais pas mentir, je n’ai aucune idée de l’orthographe de cette fleur. Pour marquer le coup et avoir des traces de la soirée, on a décidé d’embarquer dans l’affaire Noémie, Vinv, Florent, Adrien et les services multimédia de la mairie de Brest pour avoir, respectivement, de la photo, de la vidéo et de l’audio, résultat visible ici-même dans cet article, trop bien non ? C’était chouette de voir tout le public rassemblé pour cette dernière fête, peu de monde manquait à l’appel.

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Crédit : Noémie Bonnizec

On a joué ce dernier concert du P’tit Minou. On avait un temps de jeu court, 30 minutes, on a donc préparé une set list efficace et arrachée, fonçant à tout berzingue (oui) sur les routes épiques et électriques du rock’n’roll (oui oui). Il fallait qu’on puisse tout donner pour cette dernière occaz, alors on s’est posés en coulisse pour se concentrer fort, on s’est bien échauffés, on s’est remémorés le déroulé du concert. C’était important pour nous : il fallait qu’on honore le P’tit Minou, il fallait que l’équipe soit fière de nous accueillir une fois de plus. Dès le départ elle nous a donné sa confiance alors qu’on était rien de plus que trois crétins qui scotchaient des flyers partout dans le bar. Entre le premier concert qu’on y a donné, joué en acoustique et bringuebalant, et le dernier, qui se devait une apothéose, il y a eu toute notre évolution et nos expérimentations conceptuelles, allant de faire du pop-corn sur scène à proposer un concert en pyramide. Vint l’heure de monter sur scène. On allume l’enregistreur, on se dirige vers les planches, conquérants, pour lancer l’intro de Psalms, incroyable retentissement de tambours dans un P’tit Minou condamné et… on se plante. Au lieu de jouer Psalms, on joue Windmills. On se regarde genre « Oups ! », on rigole et on lance pour de vrai le concert, avec la bonne intro de la bonne chanson. C’était si marrant comme bourde : on voulait tellement tout bien faire que dès le premier instant on s’est cassés la gueule de manière rigolote. Ça nous ressemble bien et ça n’a pas empêché le reste du concert d’être nickel, dans un subtil mélange de professionnalisme et d’arrachage le plus complet. Le public ne s’est pas trompé et on a eu droit à un rappel, ce qui fait toujours plaisir.

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Crédit : Jean-Marc Framboisier

Après le concert, c’est Le hDallya Noir qui a joué, on n’a pas tant écouté leur set parce qu’on chillait une dernière fois dans les loges. On était exténués. Un concert de 30 minutes n’est pas moins fatigant qu’un concert de 1 heure : on se dépense pareil pour l’un ou l’autre, c’est juste que l’effort est plus ou moins concentré. Là, n’avoir que 30 minutes pour convaincre + l’envie de tout arracher, on est allés au bout de notre forme ; on a dû se prendre un petit temps pour être à nouveau sur pied. Et puis c’était une dernière occasion de traîner dans les loges du P’tit Minou fallait pas la manquer. Ensuite on a maté le concert des White Cowbell Oklahoma. Ce n’est pas le meilleur concert que j’ai pu voir au P’tit Minou, mais ils ont très bien fait l’affaire. C’était du rock très classique en fait, trop pour moi, mais ça n’a pas empêché l’ambiance d’être folle. J’ai rarement eu aussi chaud dans ce bar, autant transpiré, et le groupe n’était pas en reste, ils foutaient LITTERALEMENT le feu sur scène. Du vrai feu, avec des vraies flammes, c’était assez cool. En fin de set, je suis monté une dernière fois sur la scène du P’tit Minou pour tenir une grosse barre de métal sur laquelle reposait deux gros rouleaux de papier toilette qu’un membre du groupe a déroulé à toute vitesse à l’aide d’une tronçonneuse. C’était certes originale, mais surtout complétement golio. Pas si ouf que ça, l’idée est mieux racontée que effectuée pour de vrai, mais ça a suffit au public brestois pour ce soir là, qui était aux anges de pouvoir s’amuser avec des longues bandes de papier.

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Crédit : Noémie Bonnizec

Bien, voilà, le P’tit Minou s’est donc éteint sur ces notes live, puis sur celles de deux soirées DJ le lendemain et le surlendemain. C’est une grosse page qui se tourne, pas tant pour le monde de la musique ou la ville de Brest – malheureusement ce n’est qu’un café-concert parmi d’autres qui voit ses portes se fermer, son histoire est tristement banale – mais pour nous-mêmes : on était présent dès les premières soirées de concert en tant que public (remember The Fleshtones <3 ), on a fait nos armes électriques sur cette scène là, présents autant comme artistes, organisateurs et public, on a participé à la dernière soirée. Si le P’tit Minou n’a duré que deux ans, quand il a fermé ça faisait à peine trois ans que Jerrican Nachos & the Rookies existait. Autant dire que le bar nous a accompagné et contribué plus que beaucoup d’autres lieux à nous aider à nous développer. Mais trêve de sensiblerie, le P’tit Minou n’est plus mais personne n’est mort et il ne tient qu’à nous tous de remonter d’autres lieux, d’écrire de nouvelles chansons, d’organiser des soirées encore plus folles et de créer encore plus de groupes de musique (ou de théâtre, ou de danse, ou de ce que vous voulez, l’important étant de créer). Et puis, on a joué sur scène à Léo Ferré pour une soirée initialement prévu au Minou le jeudi 01 novembre pour honorer une dernière fois son souvenir, et ajouter au compte un 11e concert, parce que pourquoi pas !

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Et en bonus, le texte de présentation de la soirée, parce que je l’aime bien :

Il y a eu la fois en acoustique.
Il y a eu la fois avec le repas sur scène.
Il y a eu la fois en pyramide.
Il y a eu la fois en duo à cause de l’Ecosse.
Il y a eu la fois avec les Monstres Gentils.
Il y a eu la fois avec les Australiens.
Il y a eu la fois au croisement.
Il y a eu la fois avec le pianiste.
Et il va y avoir une neuvième et ultime fois avec des Canadiens et des fleurs

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