set cube
DATE : 22 décembre 2017
HEURE : 23 h 55 min
ADRESSE : Brest
LIEU : Cube à ressort
DJ set au Cube à Ressort [passé] 22 décembre 2017

Par Jerrican Nachos

Mes DJ set, je les fais sur vinyle. J’ai choisi ça parce que je n’ai pas assez de CD, que je n’ai qu’un seul ordinateur et que mon disque dur externe contenant toute ma musique est tombé un jour, pas de haut, mais suffisamment pour le flinguer. Donc je passe des 33 tours. C’est un choix un étonnant quand on y pense : ma collection de disque est relativement éloignée de ce que j’écoute actuellement. En fait, 90 % de mes albums je les ai acheté il y a 10 ans, alors que les 33 tours n’intéressaient personne et qu’on pouvait trouver un peu tout et n’importe quoi à 2 euros. A cette époque j’avais récupéré la platine de mon père et que j’étais ravi de fouiner dans les puces pour découvrir des artistes; j’avais quoi, 15 ans ? Je commençais tout juste à creuser la musique et pour moi c’était top de me pouvoir me dire « Oh tiens, le premier album de Van Halen, il paraît que c’est pas mal, ça coûte 1€50, je vais le prendre pour me faire une idée ».

Chemin faisant, je me suis acheté pas mal de choses, plus ou moins obscur, suivant mes intérêts de l’époque. Ça a duré peut-être trois ans comme ça où je glanais par-ci par-là des vinyles quand patatra ! ils sont revenus à la mode et les prix ont flambé. Je me souviens parfaitement traîner à la foire Saint Michel (feu l’énorme puce à ciel ouvert éphémère qui prenait place à Brest en septembre, je précise pour les plus jeunes qui n’ont connu que la peur des actes terroristes) et m’approcher d’un particulier qui avait un bac de 33 tours. Je fouille, pas grand-chose d’intéressant. Il y a un album de Status Quo, je connais le groupe de nom mais l’album en question m’a l’air inconnu. Je demande le prix, me disant qu’à un euro ça fera toujours une découverte. On me répond « 25 euros ». J’ai reposé le disque et ça a scellé la fin de ma relation avec l’achat régulier de 33 tours.

Quand même, j’essaye depuis d’apporter régulièrement de la nouveauté à ma collection : une petite folie de temps en temps, mon anniversaire, et bien sûr le vol pur et simple dans le fond personnel de mon père. Je nourris toujours l’espoir de rencontrer un jour une petite vieille qui a 200 disques qui traînent dans son grenier qu’elle n’écoute plus et qu’elle serait ravi de me voir la débarrasser. En attendant, comme tout bon citoyen du nouveau millénaire je découvre la musique par Internet ou, mieux, directement en concert.

Et donc ma collection est composé à 90 % d’artistes que je n’écoute plus tant que ça : Lynyrd Skynyrd, Guns n’ Roses, Uriah Heep, Johnny Winter, Led Zeppelin, ACDC… Plein de trucs que j’étais ravi de découvrir à l’époque mais que j’ai (vachement) creusé entre temps. Dans mes vinyles, pas de métal, pas de drone ambient, pas de stoner groovy, bien trop peu de funk. Surtout, peu d’artistes récents et, qui me chiffonne plus, peu de groupe locaux alors qu’il y a quelques pépites de la scène brestoise d’aujourd’hui que j’adorerais utiliser pour faire danser la piste.

Pour autant, il faut bien que je me colle à faire des DJ set, collection vieillotte ou pas. Ça m’a fait un bien fou, je ne remercierais jamais assez le Cube à Ressort de m’avoir proposé de mixer de temps en temps : comme je n’ai pas tant de 33 tours que ça, j’ai été obligé de bien tous les réécouter pour avoir suffisant de temps de set ; faut les tenir les sept d’heures d’affilée. En faisant ça, je me suis rendu compte que sur les albums je connaissais bien les deux ou trois tubes mais pas forcément l’ensemble, et j’ai découvert des morceaux incroyables, retrouvé des artistes dont je m’étais lassé ou que je n’avais en fait juste pas pris le temps de vraiment creuser pris par la frénésie de l’époque de favoriser la quantité pour me constituer une carte mentale de la musique.

Tout ça me permet d’avoir un temps de set plus que confortable, et ça fait bien rire le patron du bar quand il me voit arriver avec une seule caisse là où les autres DJ en ont trois pour la nuit : connaître bien mes albums permet de repérer des super morceaux que personne ne sait trop identifier, et à partir de là, je m’en fous de passer quatre fois dans la soirée du Roky Erickson ou du X, de toute façon personne ne s’en rend compte.

Bon, et en vrai, si j’avais trois fois plus de 33 tours je serais trop heureux, je les amènerais tous et ce serait trop cool d’avoir autant de choix. Quoique, en fait c’est déjà assez fatigant comme ça de réfléchir à quoi passer, au moins être restreint ça circonscrit un peu les possibilités. Mais quand même, le double blanc des Beatles, ce serait pas mal… Et le premier des Strokes. Le deuxième de Serpent, ça manque. BREF.

Ah oui, au fait, vous voulez peut-être savoir comment s’est passé le set de cette nuit là ? Je ne m’en souviens quasi pas. Je sais qu’au début, j’ai eu des problèmes techniques mais que mon expérience de la fois précédente m’a permis de ne pas me démonter et que tout s’est ensuite déroulé admirablement bien. J’en avais besoin après la session désastreuse de novembre et je suis sorti du Cube regonflé à bloc, assuré d’être compétent pour mon boulot de DJ et motivé à m’améliorer chaque fois un peu plus. Et p’têt à trouver des plans pour mixer ailleurs, si j’ai le courage de mettre des chaussures un jour pour aller démarcher des bars.

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