set cube
DATE : 2 mars 2018
HEURE : 23 h 55 min
ADRESSE : Brest
LIEU : Le Cube à Ressort
DJ Set au cube à ressort [passé] 2 mars 2018

Par Jerrican Nachos

Qu’est-ce que j’ai eu envie de pisser pendant ce DJ set, c’était effarant. Vu que les horaires de boulot c’est de minuit à sept heure du mat’ et qu’il faut être au top de sa forme pour faire groover la piste de danse tout du long, il va de soi que ménager sa monture est très important. D’où une grosse sieste en fin de journée pour tenir la nuit sans problème. D’où beaucoup trop de tisane ingérée afin que mon sommeil soit le plus réparateur possible. Et donc, d’où une envie d’uriner constante qui me donnait l’impression d’abandonner mon poste toutes les quatre chansons.

Descendre aux toilettes constamment m’a permis de me rendre compte que, s’il n’y avait personne sur la piste de danse, ce n’était pas ma sélection musicale qui était aux fraises mais juste le bar qui était vide. Enfin vide, il devait y avoir une quinzaine de personne, peu motivées à venir guincher. Toutes les vingt minutes je devais avoir deux personnes qui montaient se dandiner puis redescendaient aussitôt, c’est tout. D’habitude, quand l’ambiance est festive, les danseurs ne se font pas prier, ils grimpent sur la piste quelle que soit la chanson, se trémoussent sur deux ou trois morceaux, PUIS, si ça ne leur plaît finalement pas, se cassent ou viennent me demander de passer du disco. Avant que ça n’arrive moi j’ai le temps de cerner un peu ce qui les fait kiffer et commencer à adapter ma sélection musicale. Mais là non, pas d’envie, les clients restaient une petite moitié de chanson et puis bof, pas envie à ce moment là, on verra plus tard.

Cette situation a duré quatre heures. Sur un set de six heures, c’est une part non négligeable. Ça ne m’a pas empêché de faire mon boulot, seulement, je m’étais préparé à faire bouger les gens et je me suis retrouvé à « simplement » faire le fond musical du bar. Je ne m’en plains pas, au contraire, pour moi c’était agréable : je n’avais personne à qui m’adapter, pas besoin de chercher à situer sur quoi vibre telle ou telle personne, pas de demandes, pas de relou qui vient s’appuyer sur la cabine et fait sauter les vinyles, même pas besoin de choisir des morceaux dansant. Parce qu’il y a une grosse différence entre des morceaux qui font taper du pied et des morceaux effectivement dansables ; il faut y faire gaffe, sinon c’est chiant pour tout le monde. Sur le coup, pas besoin d’y faire gaffe et j’ai pu caler des supers chansons down-tempo que je n’oserais pas passer quand le piste est pleine. Je n’ai plus trop d’exemple en tête, mais des trucs comme Soul Kitchen des Doors par exemple, pas de la musique lounge ascenseur en tout cas.

Sur les coups de 4h30, je me suis ramassé la sortie du Vauban conjointe à la sortie du P’tit Minou : d’un seul mouvement toute la piste s’est blindée de personnes motivées à faire la fête. Je n’étais pas préparé à ça, ça n’a pas été progressif du tout, c’est passé de zéro à vingt-cinq personnes d’un coup. Pendant quatre heures j’étais dans ma bulle, je n’avais pas à faire gaffe à autrui, ça m’a surpris. Résultat j’ai changé mes plans : j’avais quelques morceaux rock’n’roll à passer que j’ai calé (dont All Night Long de Donkey Saplot, que j’ai lancé au moment où le chanteur dudit groupe est arrivé dans le bar, c’est marrant comme coïncidence). J’ai viré de ma playlist quelques morceaux bien mais pas très énergique pour passer direct à mon quart d’heure funk, et là ça passe ou ça casse. Si le public s’est déjà bien chauffé en début de soirée, ça peut le faire, s’il est à froid, commencer par du Parliament down-tempo groovy cool, ça peut rater dans les grandes largeurs. Mais je n’avais pas le temps de reréflechir mes plans, la piste était remplie MAINTENANT et les gens voulaient danser TOUT DE SUITE. Et tout s’est très bien passé, ils ont aimé Parliament, Stevie Wonder, The Inspector Cluzo et Curtis Mayfield, ouf.

Une fois le virage « personne > plein de monde » correctement négocié, tout a assez bien roulé, et ce jusqu’à six heures du matin, quand les lumières se sont allumées dans le bar. Je me demandais ce qu’il se passait, j’avais normalement encore une heure de set à assurer donc j’ai continué comme si de rien n’était. Quelques morceaux plus tard une serveuse m’explique qu’elles sont exténuées, ces soirs de pleine lunes, y’a plein de gens chelous qui traînent dans le coin, pas méchants mais fatigants, il est temps de penser à la fermeture. Branle bas de combat, j’amorce une sortie d’urgence sur un When the levee breaks de Led Zeppelin, nickel pour calmer le jeu sans que ça semble trop abusé, puis diptyque de l’excellence avec la fin de l’album du canapé du Velvet Underground : The Murder Mystery suivi de Afterhours. Le premier morceau est nickel pour faire sortir les derniers résistants, le second formidable à entendre résonner dans un bar de nuit à peine vidé, encore vibrant des énergies de la soirée et suintant littéralement la fête. On s’est pris un dernier verre après avoir tout remballé pour souffler et je suis rentré au lit. Une fois pieuté, impossible de dormir : un litre de coca, même partagé avec un litre de Perrier, ça me fout le bide en vrac et le cocktail trop de caféine + trop de sucre, quelle idée de merde. La prochaine fois je ramènerai ma propre infusion au gingembre

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